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La tolérance immunitaire de la future mère
IMPRIMERUne secrète connivence entre la mère et l'enfant

Quand un enfant se développe, cinq ou six jours après sa conception, II se greffe sur les tissus de sa mère et y reste neuf mois.
Or quand un tissu est greffé sur un être humain il est promptement rejeté. Ceci est absolument général, et le fait que l'embryon soit toléré est tout à fait remarquable. Mais le mécanisme de cette tolérance reste inexpliqué : c'est le secret de la nature, un secret jalousement gardé, nous le montrerons, mais un secret qui doit correspondre à un impératif profond de la Nature, sans quoi il n'y aurait pas de reproduction pour les organismes un tant soit peu évolués.
Cette tolérance constitue un des soubassements profonds de la connivence qui existe entre la mère et l'enfant – par l'ordre naturel – un ordre que les avorteurs refusent et qui leur fait violenter la nature.

Notons qu'il est tout à fait bienfaisant que les organismes rejettent les tissus qui leur sont étrangers : c'est d'abord le moyen de préserver leur identité ; c'est ensuite la meilleure protection contre la greffe d'organismes, voire de microbes ou de virus ; c'est enfin la meilleure façon de se débarrasser du cancer, de ces groupes de cellules transformées qui se forment chez nous jour après jour mais que nous détruisons – en général – avant qu'elles ne forment une tumeur. Ces mécanismes de rejet ont une base chimique : ils sont dus à des substances chimiques, les antigènes, que l'organisme reconnaît comme ne lui appartenant pas et qu'il confie aux organes de l'immunité. Dans ces organes, l'antigène est transformé en anticorps capable d'entrer en conflit avec l'antigène. Certains anticorps passent dans le sang, d'autres restent dans les cellules de l'immunité ; mais comme ces cellules se faufilent dans le tissu et vont partout, ou presque partout, les anticorps viennent finalement attaquer de l'intérieur les tissus greffés ou les cellules étrangères.

On comprend dès lors que beaucoup de maladies guérissent vite. On comprend aussi qu'une greffe de peau, une greffe de rein, une greffe de cœur soient en général rejetées au bout de deux ou trois semaines, à moins que les médecins n'aient bloqué, par des médicaments, les mécanismes de l'immunité.

Quand un œuf humain se développe, II se greffe profondément dans l'organisme de la mère. Cinq ou six jours après la conception, l'œuf ouvre les tissus de l'utérus et y pénètre. C'est la nidation. Certaines des cellules de l'œuf forment un tissu : le trophoblaste qui pousse des prolongements et s'enracine dans l'utérus. Le trophoblaste est très envahissant. II ouvre les vaisseaux, il se fixe par des crampons aux tissus de la mère; mais il sait s'arrêter avant de tout détruire. Le résultat est admirable : c'est le placenta ; un organe merveilleux qui reçoit, chaque minute un litre de sang maternel et le met en contact avec les vaisseaux de l'enfant. Un organe d'échanges, de nutrition et de respiration.

La mère tolère cette pénétration tissulaire de façon remarquable. Bien entendu, l'œuf n'est pas tout à fait étranger à sa mère : il en est fils. Mais ce lien de parenté ne saurait suffire car l'œuf reçoit autant d'antigènes de son père que de sa mère, Or la mère accepte les antigènes qui viennent d'elle, mais elle devrait rejeter ceux qui viennent du père. D'ailleurs les greffes entre parent et enfant sont rejetées, un peu moins vite certes que les greffes venues d'un donneur étranger, mais rejetées quand même.

Le mécanisme de cette tolérance immunitaire dans la grossesse est fort difficile à expliquer.

I. On a prétendu que les tissus embryonnaires n'auraient pas de pouvoir antigénique, que leurs caractères chimiques ne seraient pas encore assez affirmés pour déclencher l'immunité. En réalité dès que la peau se forme, au quatrième mois, les greffes expérimentales de peau ont donné des phénomènes de rejet.

II. - On a dit que le tissu du trophoblaste qui pénètre plus que tout autre dans l'organisme maternel serait peu antigénique. Le trophoblaste, organe d'échanges, serait ainsi une zone sans conflit. Mais sa neutralité ne suffit pas à expliquer tout notre problème car d'autres cellules embryonnaires pénètrent chez la mère.

III. - On a dit aussi que, chez les femmes enceintes, les greffes de tissus étrangers tiendraient deux ou trois jours de plus que chez les femmes non enceintes. Mais qu'est-ce que cela auprès des neuf mois que dure une grossesse. Par contre il est manifeste qu'il existe une tolérance de la femme enceinte pour les antigènes de son enfant. Une preuve éclatante en est donnée par les incompatibilités sanguines Rhésus : une maman Rhésus négatif qui reçoit de son enfant des globules Rhésus positif ne se sensibilise pas contre ceux-ci pendant la grossesse ni pendant les jours qui suivent la naissance. Par contre elle se sensibilise une vingtaine de jours après la naissance, et forme alors des anticorps qui peuvent être très virulents et pourront faire beaucoup de mal à son deuxième enfant, s'il est Rhésus positif. Le même antigène des globules Rhésus positif est "toléré" tant que l'enfant de même groupe est dans le ventre de sa mère et "sensibilisateur" quand l'état de grossesse est dissipé. Mais, comme il n'est de vraie science que pour servir, ces découvertes d'immunologie ont permis un progrès médical remarquable : en détruisant chez la maman, trois jours après l'accouchement, les globules Rhésus positif que son enfant aurait pu oublier, on empêche la formation des anticorps qui aurait lieu deux semaines plus tard et l'on empêche, chez l'enfant suivant, la maladie d'incompatibilité sanguine.

En conclusion, n'avions nous pas raison de dire que cette tolérance immunitaire des femmes enceintes, même si elle n'est pas encore très bien expliquée, correspond à un vœu profond de la Nature, un vœu profond qui manifeste, une fois de plus, qu'entre la future mère et son enfant il ne saurait y avoir de conflit véritable.

P. Vignes

© Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères, juillet 1978

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