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L'Archevêque dénonce l'oppression
Lettre ouverte de l'ancien Archevêque d'Albi à
IMPRIMERM. Giscard d'Estaing, Président de la République


M. le Président,

En 1963, l'un de vos prédécesseurs au Gouvernement m'a inscrit parmi les membres de la Légion d'honneur. Le seul motif de cette distinction était ma nomination récente à l'Archevêché d'Albi, dont je venais de recevoir la responsabilité.

Aujourd'hui, bien qu'ayant dû donner ma démission pour de graves raisons de santé, je reste toujours archevêque. Et c'est à ce titre que je me sens de plus en plus éloigné de plusieurs orientations que vous avez prises pour changer la Société Française : entre autres et notamment en facilitant aux mineur(es), l'accès aux moyens de contraception avec remboursement par la Sécurité sociale, et la part active que vous avez prise personnellement, ainsi que tout votre Gouvernement, au dernier vote par l'Assemblée Nationale, pour une libéralisation, même limitée, mais beaucoup plus large qu'auparavant, de l'avortement.

Je ne puis oublier, ni les situations difficiles et douloureuses, même dramatiques, dans lesquelles peuvent se trouver certaines mères, ni non plus le fait que tout avortement directement provoqué, n'est ni plus ni moins, que la destruction d'une vie humaine innocente, que la loi, comme l'autorité publique, doit protéger, et non permettre de supprimer.

Avant le 19 mai, vous avez parlé de futurs changements, que vous avez qualifiés d'étonnants. Aujourd'hui, il faut les dire "stupéfiants". Que n'avez-vous parlé alors avec la précision, que, sans doute, vous aviez déjà présente à l'esprit !

Je n'ignore pas, que, pour obtenir le dernier vote, vous avez fait valoir de bonnes intentions. Mais celles-ci ne suffisent pas pour faire une bonne législation. On a parlé aussi d'injustes discriminations à l'égard des femmes les plus démunies. II est vrai que ces disparités sont odieuses et que tout doit être fait pour qu'elles disparaissent dans toute la mesure désirable et possible. Mais depuis quand un abus doit-il légitimer légalement d'autres abus ? Depuis quand un attentat coupable doit-il autoriser d'autres attentats ?

Dans le cas présent, s'applique la parole célèbre de LACORDAIRE, dont le diocèse d'Albi s'honore de garder la dépouille mortelle, et qui sut créer dans son collège de Sorèze, un puissant courant d'éducation de foi, d'honneur et de courage. Au moment où le libéralisme économique tout-puissant écrasait dans la grande industrie naissante, des multitudes de familles ouvrières, cette grande voix disait avec vérité : « ENTRE LE FORT ET LE FAIBLE, C'EST LA LIBERTÉ QUI OPPRIME ET LA LOI QUI AFFRANCHIT ».

En l'occurrence, votre libéralisme affiché a d'abord préféré la liberté oppressive jusqu'à la destruction de nombreux innocents sans défense et sans voix, donc des plus faibles qui soient, et cela, dans le sein de leur mère, sur la demande de celle-ci, au lieu de présenter une nouvelle loi ou plutôt des lois d'ordre éducatif, familial, économique et social d'abord, capables de garantir le droit à la vie des enfants, et, aussi de décharger leurs mères, des misères qui peuvent les jeter dans la détresse, diminuant ainsi singulièrement le nombre de situations qui peuvent pousser à l'avortement.

Aussi, vous ne serez pas surpris, si je vous demande instamment de faire opérer sans retard ma radiation de la Légion d'honneur. Je refuse en effet, que cette distinction me soit maintenue sous votre autorité et celle de votre Gouvernement.

Avec ma très profonde tristesse.

C. DUPUY

Rendant hommage cet acte de courage et d'honneur rte l'ancien archevêque d'Albi, nous ne pouvons oublier sa participation à nos conférences d'Albi et rte Castres dont il avait désiré l'organisation et nous nous souvenons tic la merveilleuse hospitalité qu'il avait donnée à notre président et à notre secrétaire Mo Delibes dans son archevêché.

© Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères, mars 1975

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