II
y a longtemps que les défenseurs du Respect de la Vie avaient
prévu que son affaiblissement par l'admission de l'avortement
conduirait à un appauvrissement de l'ensemble des liens
familiaux et en particulier de l'amour maternel.
La
preuve vient d'en être faite par une retentissante affaire
criminelle qui a défrayé la chronique et s'est soldée
le 23 juin 1977, devant la Cour d'Assises de la Seine-Maritime,
par la condamnation d'une dame Dauzart à quinze
ans de réclusion criminelle pour assassinat de sa fille
enceinte, âgée de 18 ans.
En
pays de Caux, dans le canton de Besc-le-Hard, mais à une
vingtaine de kilomètres de Rouen, une mère tue sa
fille, fiancée à un jeune ouvrier rouennais, garçon
sérieux, qui se proposait de l'épouser, alors qu'elle
était en tout début de grossesse.
L'assassinat
a été perpétré la nuit avec une carabine
22 long rifle, alors que la future jeune maman reposait dans son
lit.
On
frémit d'horreur.
Comment
le frein moral n'a-t-il pu jouer pour empêcher un passage
à l'acte qui révolte la conscience ?
On
comprend mieux si l'on considère au vu des débats
devant la Cour d'Assises, que l'avortement a été
un des moyens acceptés par la mère de consacrer
l'échec d'une union à laquelle elle ne tenait pas,
à tort d'ailleurs.
Deux
fois, les parents de la jeune fille avaient parlé d'avortement
à des fiancés un peu imprudents qui avaient pourtant
d'eux-mêmes décommandé une visite à
la clinique Saint-Romain à Rouen, visite prescrite par
le médecin de la famille, alors que la jeune fille était
mineure.
Ainsi,
sous l'emprise de la loi Veil, une mère a pu tuer sa fille,
parce que celle-ci a refusé d'avorter. La volonté
criminelle à l'égard du ftus a balayé
l'amour auquel avait droit, en tant que fille elle-même,
celle qui le portait. Nul doute qu'avec plus ou moins d'intensité
ce processus se développe à nouveau sous d'autres
formes.
Une
jeune fille morte, le crâne fracassé par un coup
de carabine, un futur bébé anéanti, une famille
dispersée, une mère devenue indigne, condamnée
à la vie cellulaire.
L'avortement
tue en Normandie, tous azimuths.
A
qui profile-t-il ?
A
la clinique Saint-Romain, trois médecins sur quatre vivent
grassement de l'avortement (un seul a refusé d'en faire,
et c'est tout à son honneur).
A
Bosc-le-Hard, et ailleurs, dans la belle campagne normande, on
envoie des filles et des femmes dans les avortoirs mercantilisés
de Rouen, au mépris de toutes les barrières légales
dont les hypocrites auteurs savaient qu'elles n'étaient
créées que pour la forme.
Qui
s'enrichit de ces ignobles tueries d'innocents, dont les retombées
sont d'autres drames.
Et
combien aussi de suicides après des passages de malheureuses
à la clinique Saint-Romain.
Qu'attend
M. Lecanuet, maire de Rouen, homme politique national,
qui a été Garde des Sceaux, pour saisir la Justice ?
Croit-il que son électorat lui restera fidèle devant
son désintéressement pour les valeurs familiales
et celles de la vie qui continue d'étonner ses amis.
Est-elle
encore humaine, M. Lecanuet, la Société libérale
avancée ?
Est-elle
française encore, la ville du martyre de Jeanne d'Arc,
aujourd'hui hérissée des avortoirs de la décadence,
de la corruption et de la mort ?
Bernard
Lefort
© Laissez-les-Vivre
SOS Futures Mères, octobre 1977
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