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Ventres estropiés
ou les bienfaits de la contestation
IMPRIMERRapport du Dr Vilmas Esernohorsky – Strasbourg, 3 mars 1973 (extraits)

Le monde occidental n'ignore pas que la Hongrie se trouve en tête de la statistique dans le domaine de l'avortement et à la dernière place pour le pourcentage des naissances.

Entre 1957 et 1972, on y procéda à trois millions d'avortements, ce qui correspond à un tiers environ de la population de la Hongrie qui compte dix millions d'habitants.

Le taux des naissances qui était en 1956 de 19,6 pour mille n'est plus que de 12,6 pour mille en 1971.

Les conséquences de l'avortement libre sont les suivantes :

I. CONSÉQUENCES DÉMOGRAPHIQUES

Pour l'année 1985, on prévoyait que le taux de mortalité dépasserait le taux des naissances de 1,2. D'où : vieillissement de la société, difficultés dans l'établissement et le partage du produit social brut, manque de main-d'œuvre, tensions sociales, etc.

II. CONSÉQUENCES MÉDICALES

1) POUR LES FEMMES

Les avortements répétés (10, 15 ou 20 avortements à la suite) ont été nombreux et ont occasionné des dommages importants dans l'organisme féminin : complications inflammatoires, allant de la péritonite à la septicémie, inflammations chroniques et incurables des organes sexuels internes (en Hongrie, ces femmes sont dénommées "Bauch-Krüppel", "ventres estropiés"), végétations dans la cavité abdominale avec tout ce qu'elles peuvent entraîner (occlusions intestinales, fausses couches, stérilité). Plus de la moitié des fausses couches ont pour origine des avortements antérieurs.

2) POUR LES ENFANTS

Le nombre des enfants mort-nés et prématurés s'est multiplié après des avortements ; le poids des nouveau-nés est diminué. La mortalité infantile a augmenté. On constate de plus en plus de malformations chez les nouveau-nés. Au cours du développement ultérieur de ces enfants, on a observé plusieurs cas significatifs de retard physique, mental et moral ; difficultés de langage, d'audition, etc. C'est comme estropiés, idiots et criminels que ces enfants constitueront une grande masse d'êtres asociaux à la charge de la société, avec toutes les conséquences morales, sociales, économiques, et éventuellement génétiques que cela comporte.

A la suite de ces expériences, une campagne de contestation fut lancée en Hongrie en 1964 (...) La situation devenant de plus en plus précaire, il ne resta bientôt plus d'autre solution que d'interdire l'avortement à délai, après une expérience de 17 ans, lourde de conséquences.

Le président du gouvernement hongrois Quisling, a fait la déclaration suivante au Parlement en avril 1973 : « II est de notre devoir de mieux protéger les mères et la santé des femmes. Nous ne pouvons tolérer que l'avortement faute d'information suffisante menace gravement la sauré des mères et celle des générations futures ».

A la suite de cette déclaration, une nouvelle réglementation sur l'avortement a été instaurée en décembre 1973. L'avortement ne peut être pratiqué désormais que sur indication très sévère et très lourde.

Après 17 ans d'expérience, nous pouvons en pleine conscience et de plein droit faire les constatations suivantes :

L'avortement est la plus mauvaise méthode de régulation des naissances et de planning familial, non seulement du point de vue éthique, mais aussi biologique, aussi bien pour la femme que pour les générations futures, pour la société et pour la nation. L'avortement massif, appelé avortement à délai, ne fournit aucune solution aux problèmes qui se posent, mais crée de nouveaux problèmes plus graves. Il provoque la décadence morale et biologique de la société et de la nation; cette situation ne pourra être rétablie qu'après des dizaines d'années, ou peut-être jamais.

L'avortement massif est semblable au massacre des masses, exécutées par les nazis ou les communistes, et doit être jugé encore plus sévèrement.

CEUX QUI L'INTRODUIRAIENT COMMETTRAIENT UN CRIME CONTRE LEUR PROPRE PEUPLE, LEUR PROPRE NATION ET L'HUMANITÉ ENTIÈRE. CE SERAIT MÊME UN CRIME PRÉMÉDITÉ EN CONSIDÉRATION DES FAITS EXISTANTS. L'HISTOIRE NE PARDONNERA PAS D'AVOIR IGNORÉ CES FAITS; ELLE NE LE PARDONNERA JAMAIS.

© Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères, octobre 1974

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